BIOGRAPHIE

LA RENVERSE – FABY PERIER

 

La Renverse, c’est le début d’une histoire. Celle qui commence aujourd’hui, mon vivre avec.

Avec le cancer. La vie, l’espoir, la liberté, l’amour, le bonheur sont les combats que je mène tous les

jours. Pour moi. Pour elles. Pour eux. Pour vous,peut-être.

 

Ma vie est jalonnée de ce que la plupart des gens appelle des « malheurs ». J’ai appris dès mon plus

jeune âge à renverser ces situations compliquées, parfois dures, souvent douloureuses pour trouver

l’envie de continuer et la force d’avancer. Je me suis nourrie de mots pour apprendre à aimer la vie

et comprendre son sens. Je les utilise aujourd’hui pour témoigner de mes combats face aux

épreuves physiques, morales et sociétales que j’ai traversées.

 

Je sais désormais que je suis une femme forte, ouverte au monde, à l’indestructible espoir. Tout

peut arriver, on peut toujours se reconstruire. C’est cela la Renverse.

 

Est-ce que tout est écrit ?

 

Abandonnée à 2 mois, je suis en enfant de la DDASS. L’année de mes 4 ans, je suis adoptée par une famille.

Je n’ai jamais ressenti l’amour. Seule ma grand-mère éclaire mon enfance. Chacun de ses regards était un bol

de tendresse indispensable à la petite fille que j’étais. 

 

[La chanson Mademoiselle est dédiée à son humanisme, son empathie et son courage.]

 

Mes parents adoptifs étaient mélomanes. Ma mère jouait du piano et du violoncelle dans un orchestre.

J’adorais ce son profond et si particulier, comme une voix qui vous parle. C’est ainsi que j’ai découvert

la musique. Elle est devenue mon refuge.

 

De 8 à 14 ans, je faisais 4 heures de musique par jour, piano et violoncelle. A 9 ans, lors d’une audition au

conservatoire, j’ai découvert qu’on pouvait toucher les gens, même des inconnus,

simplement en jouant un morceau avec envie. Je rêvais alors de devenir concertiste, je ne pensais

qu’à ça. Je travaillais dur. Mon rêve me suivait. Mes professeurs me trouvaient très douée. Ma mère, de son côté,

n’entendait que de l’incompétence. A 14 ans, elle a balancé mon violoncelle. J’ai tout arrêté.

 

La lecture est devenue ma meilleure amie, les mots mes plus fidèles alliés. Je dévorais les livres jusqu’au petit matin.

Ils m’ont beaucoup appris sur la vie, les gens, les émotions et l’amour qu’on me refusait encore.

 

A 18 ans, j’ai dû partir. Alors j’ai fait comme j’ai pu, le système D. Des années de galères. Encore.

Et puis un jour, dans un piano-bar, je rencontre un musicien qui me demande de chanter. Ce fût une révélation.

Ma voix plaisait et je prenais du plaisir à partager des émotions avec le public. Partager des émotions, enfin.

Pendant des années j’ai chanté dans les piano-bars, interprétant les chansons des autres, celles d’un

répertoire choisi, aux textes affutés.

 

Puis l’envie d’écrire a pris le dessus.

 

[album Authentique, 2003]

 

Ma vie est devenue une source intarissable d’inspiration ; mon enfance bien entendu, les repères

qu’on doit construire soi-même, les relations difficiles qui en découlent comme une fatalité, mais aussi mes

enfants et l’amour indéfectible que nous avons su faire grandir, l’intolérance, la liberté, le droit des

femmes… Et le cancer contre lequel je me bats depuis 2008.

 

[album Au nom de Celles, 2008]

 

En 2009, la chanson Ce matin-là a marqué un tournant dans ma carrière. Des milliers de personnes

se sont reconnues dans mon message d’espoir face à l’annonce du cancer. Beaucoup de vues sur

Internet, de témoignages d’amour, de compréhension, d’échanges, de sincérité. Les médias se mobilisent.

Je deviens la marraine de l’association Au Nom de Celles et m’investis dans la

sensibilisation à la lutte contre le cancer du sein. En parallèle je continue d’écrire.

 

Photo Izabela Sawicka
Photo Izabela Sawicka

[album Au fil de nos vies, 2011]

[album Les mots pour le dire, 2014]

 

Après une rechute de la maladie en 2014 et portée par un formidable soutien venu des internautes, j’écris

le texte d’Octobre Rose qui sera chanté par un collectif d’artistes, toujours afin de sensibiliser à la

lutte contre le cancer du sein.

 

Je me bats, j’ose et je me dis que finalement tout est possible.

 

Début 2017, je rencontre Vincent-Marie Bouvot avec qui j’avais envie de collaborer depuis plusieurs

années. Un nouveau projet se met en place. Mais quelques jours plus tard, j’apprends une seconde

rechute de la maladie.

 

Est-ce qu’on ira quelque part?

 

[EP La Renverse, 2018]

 

J’ai vécu l’enregistrement de cet EP comme un testament. Je voulais laisser quelque chose de beau,

de ciselé pour ce que j’appelais « le dernier ». Graver de la plus belle des manières mes mots pour l’après.

Les prises de voix se sont faites au rythme des traitements. Des moments pour me reposer, d’autres

pour continuer mes rêves.

 

Et nous y sommes arrivés.

 

Depuis qu’il est fait, tout a changé. Je ne l’appelle plus « le dernier ». J’ai envie de continuer, de monter

sur scène, de faire découvrir mon univers, d’écrire de nouvelles chansons, de rencontrer les gens, de vivre

même si c’est vivre avec.

 

Pour les marins, la renverse est le moment entre deux marées. Il y a les renverses hautes. Il y a les renverses

basses. Une alternance continuelle comme celle qui rythme ma vie depuis toujours.

 

La Renverse, c’est aussi le début d’une histoire. Celle qui commence aujourd’hui. Pour moi. Pour elles.

Pour eux. Pour vous, peut-être.

 

FabyPerier©Paris2018 par qaLèv pour Studio Unreal World